Publié par Thomas Hubert le 26/10/2008 (3595 lus)
L’exécution de Troy Davis, programmée pour le 27 octobre, a été reportée quatre jours avant la date fatidique alors que les militants du monde entier se mobilisaient pour lui.
Les militants des droits de l’Homme d’Amérique du Nord, d’Europe et d’ailleurs avaient décidé de faire du 23 octobre une journée mondiale pour Troy Davis, cet Américain noir de 40 ans dont l’exécution était prévue le lundi suivant. La cour fédérale d’appel d’Atlanta a participé à sa façon à la mobilisation, en accordant aux avocats de Davis un sursis pour présenter un nouveau dossier sous 15 jours. Depuis la condamnation à mort de Davis en 1991 pour le meurtre d’un policier blanc qu’il a toujours nié, sept des neufs témoins à charge se sont rétractés. De nombreux observateurs considèrent aujourd’hui Davis comme un innocent condamné à mort. Avant l’annonce de cette décision, les militants ont lancé comme prévu rassemblements et manifestations. Répondant à l’appel d’Amnesty International, environ 200 personnes se sont retrouvées au capitole de l’Etat américain de Géorgie à Atlanta. « Le monde entire a les yeux tournés vers la Géorgie », a déclaré Larry Cox, directeur d’Amnesty International USA. « Il n’y a pas de violation des droits de l’Homme plus sérieuse dans le monde que ce que la Géorgie s’apprête à faire à Troy Davis. » La sœur de Davis, Martina Correia, a également participé au meeting. Elle a affirmé avec confiance que son frère « obtiendrait justice » Un peu plus tard, elle a dit que son moral était remonté après le report de l’exécution. Une trentaine d’autres manifestations importantes étaient également prévues aux Etats-Unis et dans d’autres pays. En France, plus de 200 personnes se sont rassemblées à Paris pour écouter des personnalités apporter leur soutien à Davis et participer à un « die-in ». François Zimeray, ambassadeur de France pour les droits de l’Homme, Nicole Borvo Cohen-Seat, vice-présidente de la commission des lois du Sénat et Christian Charrière Bournazel, bâtonnier de l’ordre des avocats de Paris, ont participé à l’événement. Ce dernier a affirmé que l’exemple de Troy Davis prouvait la nécessité d’abolir la peine de mort. « Il s'agit seulement de constater que la justice des hommes est relative, tandis que la peine de mort a un caractère absolu », a-t-il déclaré. D’autres actions sont programmées ces jours-ci, principalement à l’initiative d’organisations membres de la Coalition mondiale comme Amnesty ou les ACAT. Aujourd’hui, Nicolas Krameyer, organisateur de la manifestation parisienne pour Amnesty International France, recommande de continuer à signer la pétition adressée au comité des grâces de Géorgie, « même s’il a fait la sourde oreille jusqu’ici ». Il exhorte aussi les militants à maintenir l’attention des médias et à « montrer que la mobilisation est mondiale ». Photos: Alecska
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